Le Maroc, un terrain fertile pour la finance islamique

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Le Maroc a tous les ingrédients d’un système de finance islamique voué à réussir. Le potentiel est là, à en croire l’importance des attentes, aussi bien des particuliers que des entreprises, essentiellement les PME. C’est ce que relève un rapport élaboré par la Banque mondiale et la Banque islamique de développement qui note également les bons choix du pays pour la réglementation et la gouvernance de cette nouvelle activité.

La finance islamique est promise à un bel avenir au Maroc. Et pour cause. Le pays dispose de tous les préalables pour développer un système réussi de la finance basée sur la Charia. C’est la conviction des auteurs d’un rapport international élaboré par la Banque mondiale (BM) et la Banque islamique de développement (BID).
Le Maroc est cité avec d’autres pays (Nigeria, Sénégal, Afghanistan, Algérie, Azerbaïdjan, Cameroun, Libye, Mali, Kazakhstan, Mozambique et Ouzbékistan), comme étant «de bons candidats pour l'expansion de la banque islamique dans un proche avenir».

Parmi les ingrédients de cette réussite attendue, le rapport intitulé «Financement islamique, un catalyseur pour la prospérité partagée ?» évoque le taux de religiosité parmi la population, qui est de 97%. Ses auteurs se sont référés à un sondage de Gallup publié en 2010 et qui repose sur le pourcentage d'adultes dans un pays donné qui ont répondu affirmativement à la question «La religion est-elle une partie importante de votre vie 
quotidienne ?»
Autre facteur favorable pour l’avenir de la finance islamique au Maroc, l’importante proportion de Marocains qui ne sont pas bancarisés pour motif de convictions religieuses.
En effet, 3,81 millions de Marocains âgés de plus 15 ans, soit 26,8%, ne disposent pas de compte bancaire pour raisons religieuses, note le rapport, qui fait état d'un taux de bancarisation global de 39,1% dans le pays.
Le potentiel est donc important et les attentes intéressantes. En effet, 54% des PME marocaines expriment leur préférence pour les produits conformes à la Charia, note le document de la BM et la BID, indiquant que le crédit bancaire représente actuellement à peine 24% du financement de ces PME.

Le Maroc est également bien noté en matière de crédibilité de la gouvernance chariatique de la banque islamique. Le rapport indique, en effet, qu’un nombre croissant de pays (dont le Maroc, le Bahreïn, l’Indonésie, le Nigeria, le Sultanat d’Oman, le Pakistan et le Soudan) évoluent dans la même direction que la Malaisie en mettant en place leur propre cadre de réglementation et de gouvernance. La Malaisie étant considéré comme le «chef de file» en termes de cadre de régulation et de gouvernance de la Sharia pour son industrie des services financiers islamiques.
Cet aspect constitue un facteur important pour la réussite de ce créneau de la finance, selon les auteurs du rapport qui insistent sur la nécessité de résoudre les inefficacités associées au processus de conformité de la Charia.

 

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