En Côte d’Ivoire, une association aide les convertis à l’islam pendant le Ramadan - Afrique - Urbi et Orbi Africa

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 À Abidjan, le mois de Ramadan a commencé depuis le samedi 27 mai. En prélude à ce temps fort de la religion musulmane, la fondation Islam a distribué des dons aux nouveaux convertis le 21 mai.

Dans les locaux de la fondation Islam à Yopougon, quartier Millionnaire, ce 26 mai, l’heure est aux recommandations. La petite Aïcha vient de recevoir son prénom lors d’une cérémonie : à cette occasion, ses parents et proches ont droit à des conseils pour bien assurer son éducation dans le respect de la foi musulmane.

C’est en 2015 que Béranger Gnangoran a créé la Fondation Islam. Né dans une famille chrétienne, il a choisi la religion musulmane en 1997 : « Je rentrais de l’école avec un ami. Il voulait prier et je lui ai dit : ‘si tu veux prier, on va prier ensemble.’ »

Désintérêt de la communauté

Vingt ans plus tard, devenu Abdul-Malik, il a eu le temps d’observer la situation de plusieurs nouveaux convertis : « J’ai remarqué un certain désintérêt de la communauté vis-à-vis d’eux. Il n’y avait pas de structure véritable pour les former, assurer leur intégration et leur venir en aide car ils sont souvent en situation précaire. Dans leur grande majorité, ils subissent le rejet de leur famille. »

Sensible à ces problèmes, la fondation informe et forme ces personnes qui embrassent la religion musulmane. Elle les soutient également dans leurs épreuves et aide certains jeunes à poursuivre leurs études ou à s’insérer professionnellement. Elle a ainsi aidé plusieurs nouveaux convertis à lancer des activités génératrices de revenus.

Kits alimentaires

En partenariat avec l’ONG Les Houris de l’Islam, une organisation féminine musulmane, sa fondation Islam a distribué, le dimanche 21 mai, des kits alimentaires aux convertis en situation précaire. Il s’agit pour les deux associations partenaires de permettre aux bénéficiaires de bien vivre le Ramadan, période de jeûne et de privations chez les musulmans.

« Le jeûne est le troisième pilier de l’islam. Quiconque n’applique pas le ramadan n’est pas musulman », déclare fermement Oustaz Abdul-Malik. Pour lui, le jeûne est aussi une façon de se régénérer de façon médicale et spirituelle. « C’est pendant le Ramadan que le Coran est descendu. C’est un mois de grâces » insiste t-il.

Durant cette période, la fondation a lancé l’opération « Ramadan pour tous » qui consiste à proposer de la nourriture le soir pour la rupture du jeûne et apporter une aide aux démunis pour fêter l’Aïd-el-fitr.

À long terme, l’association voudrait réduire le nombre de mendiants devant les mosquées. « C’est une image qui n’honore pas les musulmans, toutes ces personnes devant les mosquées ou en bordure des routes qui demandent l’aumône », déplore son fondateur. « Nous voudrions créer un centre social qui pourra amener ces marginalisés à se prendre en main et à se réinsérer socialement. »

Le vivre-ensemble

La fondation Islam est membre de l’Union interreligieuse pour le vivre ensemble (Unive). Abdul-Malik en est le coordonnateur. Dans cette plateforme, catholiques, musulmans et orthodoxes unissent leurs forces pour former les jeunes au respect de l’autre et à la convivialité.

« Pour nous, nos différences sont une grâce et non un handicap », assure-t-il. « Le Coran dit bien que ‘si Dieu l’avait voulu, il aurait fait de vous une seule tribu’. Et il ajoute : ‘le meilleur d’entre vous, c’est le plus pieux.’ Ce peut être un musulman, un catholique ou un bouddhiste. »

Lucie Sarr (à Abidjan) - http://urbi-orbi-africa.la-croix.com
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