Maroc: arrivée de la finance islamique

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Le pays s'y préparait depuis plusieurs années, c'est fait, le Maroc vient d’adopter la finance islamique. Les premiers agréments ont été distribués à six établissements bancaires par la Banque centrale marocaine en ce début d’année 2017. Quant aux premiers Sukuks, les actifs « islamiques », ils seront émis par le Maroc dans le courant de l'année. Rebaptisée finance « participative » au Maroc, cette nouvelle économie répond néanmoins aux préceptes et aux interdits de l’Islam. Une nouvelle filière pleine de promesses dans le royaume chérifien.

Ambiance studieuse au congrès des professionnels de la finance islamique qui a rassemblé plusieurs centaines d’experts à Casablanca. Le Maroc se prépare depuis de longs mois à cette nouvelle forme d’économie. Rachid el Maatoui est directeur de l’institut financité spécialisé dans la formation du personnel à la finance islamique. Il explique son fonctionnement par un exemple concret.

 

« Si vous voulez acheter une voiture, c’est la banque qui va l’acheter à votre place et qui va tout simplement vous faire une marge supplémentaire sur le prix d’achat et vous donner l’occasion de rembourser le prix d’acquisition sur quelques années. »  
 
Une marge bénéficiaire fixe et non un taux d’intérêt changeant. Selon les préceptes de l’islam la finance dite « participative » les activités liés à l’alcool ou encore la viande de porc mais aussi la spéculation sont proscrites. Une vision éthique de la finance qui a fait recette en Tunisie. Selon le PDG de Bank Zitouna, Mohamed Ali Ben Hafsia, qui revendique 200 000 clients dans son pays.
 
« Le premier facteur déterminant pour aller dans une banque islamique, d’après ce qu’on a pu constater, c’est la conviction religieuse. Il y a donc une bonne partie de la clientèle qui ne s’est jamais adressée à des banques, par crainte « charaïque », par crainte religieuse. C’est pour cette raison qu’ils n’ont jamais contacté les banques. »
 
Selon le professeur d’économie Hassan Azouaoui, la finance islamique devrait aussi rencontrer un grand succès au Maroc.
 
« Un seul indicateur, le taux de bancarisation au Maroc est aux alentours de 35%, c’est-à-dire que 65% de la population n'est pas encore bancarisée. Selon une étude faite en 2013, il s’est avéré que la finance participative et islamique, si l’on se base sur l’intention d’achat, c’est 54% de Marocains sont prêts à adopter ce type de financement. »    

Un potentiel bien compris par les banques marocaines. C’est le cas de la Banque centrale populaire, qui a monté une filiale islamique. Elle prévoit d’ouvrir sous peu une centaine d’agences dans le pays. Laïdi El Wardi, directeur général de la BCP.
 
« Probablement c’est un vivier de clientèle en plus, mais aussi un portefeuille d’activités supplémentaires. Sur un horizon de 4 à 5 ans, la finance participative pourrait représenter entre 5% à 10% l’activité bancaire de manière globale. Au Maroc, on table sur 5%. » 

Avec l’arrivée des banques islamiques le Maroc compte ainsi accélérer la bancarisation des Marocains, encore nombreux à recourir aux bas de laine… 
Autre intérêt pour le royaume attirer les très nombreux investissements en provenance des pays du Golfe.

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